Chers amis,

Pour dénigrer la foi biblique, Satan et ses cohortes trouvent dans l’évolutionnisme un outil de choix. En France et dans les nations francophones, beaucoup pensent, à tort, que l’évolutionnisme est une doctrine scientifique. Au moment où le monde athée célébrait le cent cinquantième anniversaire du darwinisme, la Rome papale a exploité à son propre avantage cette épineuse question. L’étude qui suit met en lumière la stratégie trompeuse du Vatican. Nous vous prions d’étudier cet article et de le faire connaître autour de vous. Si possible, veuillez l’afficher sur un site Internet.

Bien à vous dans le Dieu Créateur et sa force toute-puissante,

Richard Bennett

Pour comprendre la position actuelle du Vatican sur l’évolutionnisme, il faut connaître son « Projet STOQ » [Science, technologie, et quête ontologique]. Ce projet a pour but déclaré la quête de fondements philosophiques nouveaux pour une tradition qui intégrerait aussi bien la science que la religion. Le Vatican semble voir là un besoin urgent, et affirme qu’il manque « une tradition solide pour faire ainsi face aux questions qui se posent » [c’est-àdire une perspective intégrant à la fois la science et la religion] (1).

Ce projet implique actuellement des échanges d’idées à l’échelle mondiale entre groupes éminents dans le domaine dit « scientifique » et le domaine religieux. Sous les auspices du Conseil Pontifical pour la Culture, le Projet STOQ a sponsorisé une rencontre internationale marquant le 150e anniversaire de la publication de L’origine des espèces de Charles Darwin. Cette conférence de cinq jours s’est tenue à l’Université Grégorienne Pontificale de Rome. Elle s’intitulait : « L’évolution biologique : faits et théories : une évaluation critique cent cinquante ans après L’origine des Espèces. » Il s’agissait de rechercher « une réconciliation possible, sur une même base philosophique, entre la notion de création et celle d’évolution, sans accorder à la première le statut de théorie scientifique, ni assimiler la seconde à un dogme » (2).

Le quotidien The London Times relate : « Le président du Conseil Pontifical pour la Culture, Mgr. Gianfranco Ravasi, qui organisa cette conférence avec l’appui de l’Université Notre Dame (Indiana, USA) et le soutien de la Fondation John Templeton, déclare qu’il n’existe à priori aucune incompatibilité entre l’évolution et le message de la Bible » (3). Le président du Conseil Pontifical pour la Culture est en mesure d’adopter cette position puisque pour tout catholique, l’autorité ultime demeure le dogme enseigné par le pape régnant (4).

Le Times poursuit : « Le Vatican rejette la revendication du biologiste Richard Dawkins, un athée militant, pour qui l’évolution prouverait la non-existence de Dieu. Pour le Vatican, l’évolution darwinienne est « tout à fait compatible » avec le récit de la création selon la Genèse. Il ne faut donc pas s’étonner de ce que le Vatican se soit résolument opposé à la présence, à cette conférence, d’intervenants créationnistes ou de défenseurs du Dessein Intelligent : les organisateurs les tiennent pour des extrémistes. À propos du Dessein Intelligent, l’agence « Catholic News Service » signale : « Les organisateurs de la conférence furent d’accord pour discuter de la naissance et du développement de ce courant qui est une idéologie culturelle et non une science. Plusieurs des interventions discutèrent de ‘la genèse longue et complexe’ du Dessein Intelligent, de son contexte historique, et de son impact social et culturel. »

Selon Saverio Forestiero, membre du comité d’organisation de la conférence, le Dessein Intelligent « ne peut en aucun cas faire l’objet d’un débat scientifique, philosophique, ou théologique » (5). Fait intéressant, les participants au Projet STOQ consentaient à discuter entre eux des aspects historiques et culturels du courant dit du Dessein Intelligent (6). Ils refusèrent toutefois catégoriquement d’inviter un représentant de ce courant à faire la moindre intervention. Ils n’invitèrent pas non plus d’évolutionnistes athées. Pour servir les buts du Projet STOQ, créationnistes et athées furent marginalisés, qualifiés d’extrémistes. Dans son discours d’ouverture, le Cardinal William Levada dénonça les fondamentalistes chrétiens américains qui demandent que les écoles enseignent le récit biblique de la création parallèlement à l’évolutionnisme, ou même à la place de ce dernier (7).

Le changement actuel dans la position vaticane remonte à un enseignement donné par le pape Pie XII en 1950. Par la suite, s’adressant en 1996 à l’Académie Pontificale des Sciences, le pape Jean-Paul II déclara que la théorie de l’évolution était « plus qu’une hypothèse ». Depuis lors, le Vatican s’emploie constamment à nier la vérité contenue dans le premier verset de la Bible. Aujourd’hui, le mouvement s’accélère. Le « Catholic News Service » diffuse cette prise de position sous le titre : « Évolution et Foi sont complémentaires, selon le Cardinal Levada ». L’article précise :

En marge d’une conférence au Vatican sur L’Origine des Espèces de Darwin, le Cardinal Levada, chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, déclare qu’il existe ‘bien assez d’espace’ pour croire en même temps en un évolutionnisme scientifiquement fondé et en un Dieu créateur. ‘Nous croyons qu’en fin de compte Dieu est le créateur de toutes choses, quelle que soit la manière dont la création est née et s’est développée’, dit-il (8).

Remarquons-le, les commentaires du Cardinal Levada et ceux des organisateurs de la Conférence STOQ montrent que Rome est un instrument de choix pour l’ennemi numéro un des chrétiens bibliques. Comme l’explique le Professeur Donald Chittick de « Creation Compass » :

Une tactique de l’ennemi consiste à s’abstenir de définir le mot ‘science’, tout en liant ce terme à la vision naturaliste du monde. Bref, il fait croire que le terme ‘science’ est synonyme de ‘naturalisme’ ; que le naturalisme est par définition scientifique. Il prend grand soin de ne pas dévoiler cette ruse au grand jour. En revanche, d’un point de vue historique, si on retourne à la source de la science moderne, telle que l’entendaient, par exemple, Newton, Boyle, Faraday et Pasteur, le mot « science » se rapporte à une étude systématique de l’univers crée dans tous les domaines susceptibles d’être examinés (la biologie, la chimie, la physique, l’astronomie, la géologie, etc.). Les fondateurs de la science moderne, et les créationnistes modernes entendent donc par

‘science’ l’étude systématique de l’univers créé. Le naturalisme, au contraire, appelle ‘science’ une tentative d’expliquer l’univers, abstraction faite de l’idée de création. Dans un contexte naturaliste, on ne qualifie de ‘scientifiques’ que les démarches naturalistes. Le grand public croit que cette ‘science’ traite de vérités objectives. Donc, quand le naturalisme (qui, dans le domaine biologique, n’est autre que l’évolutionnisme) fournit ce qu’il appelle ‘des données’, c’est-à-dire sa propre interprétation de données réelles issues de l’observation, il se dresse contre la création, et le grand public prend cela pour ‘de la science’. Le public tombe ainsi dans le panneau en prenant, à tort, la vision naturaliste du monde pour ‘une réalité scientifique’ fondée sur l’observation. Le terme ‘évolutionnisme’ pourrait cependant l’aider à comprendre qu’il s’agit d’une vision particulière du monde et non d’une explication véritable. Il s’agit d’un système qui engendre une explication particulière. Mais dans le créationnisme, qui est une étude systématique de l’univers créé, la création est un événement et non un processus. Pour le naturalisme, l’univers et la vie émaneraient d’une série de processus supposés (9).

Cet éclairage fait ressortir les failles les plus graves de la thèse du Cardinal Levada, selon lequel il y aurait compatibilité entre « les bases scientifiques de l’évolution et la foi dans le Dieu créateur ». Premièrement, l’évolutionnisme est dépourvu de bases scientifiques. L’étude scientifique consiste à observer le monde naturel. Ces observations mettent en lumière des constantes, des schémas récurrents. On interprète ces observations dans le cadre d’une conception du monde, qui génère une hypothèse permettant de les expliquer. Là où les conceptions du monde diffèrent, les interprétations des données diffèrent également. Mais en ce qui concerne la création et l’origine de la vie, nous ne disposons d’aucune observation, car il n’existait alors aucun être humain vivant. Aussi toutes les prétendues études scientifiques dans ce domaine sont-elles en fait des explications issues d’une certaine conception du monde, tributaire de présupposés et de conjectures philosophiques, religieuses, et culturelles. Il suffisait de lire le résumé des interventions de la conférence STOQ pour voir quelles étaient les conceptions du monde et les présupposés des divers intervenants.

Extraits des résumés des interventions à la conférence STOQ

  1. Dans le résumé de son intervention, « Pourquoi l’évolution est prévisible : les périples d’un paléontologue », Simon Conway Morris écrit : « Darwin comprenait le rôle capital des fossiles dans sa théorie de l’évolution, et depuis lors, bien des découvertes extraordinaires ont confirmé de manière spectaculaire sa pensée géniale. Toutefois, bien que l’évolution soit une réalité incontestable, des problèmes demeurent » (11).
  2. Douglas J. Futuyma déclare dans le résumé de sa conférence « Questions taxonomiques : les preuves issues de la biologie comparative » : « L’hypothèse selon laquelle tous les organismes sont apparentés, comme le montre l’arbre de la phylogenèse, est à la fois un principe central de la biologie évolutionniste et un cadre permettant de retracer et de comprendre l’histoire et les modifications des caractéristiques des organismes. On considère à présent que l’origine commune des différentes espèces est un fait scientifique, et les méthodes faisant ressortir les relations entre espèces sont devenues tout à fait fiables. »
  3. Stuart A Newman déclare sans ambages dans le résumé de son exposé, « Un modèle de langue pour décrire l’évolution et le développement des formes animales » : « Les animaux d’autrefois sont issus d’organismes ayant derrière eux des milliards d’années d’évolution génétique. »
  4. Yves Coppens écrit dans le résumé de son exposé « L’Événement de l’(H)Omo » : « Il y a trois millions d’années, ou un peu moins, un changement climatique a affecté le monde entier : la sécheresse dans les zones tropicales, et un refroidissement partout ailleurs. En Afrique tropicale comme ailleurs, la faune a dû réagir en tentant de s’adapter pour survivre dans un nouvel environnement. Certaines espèces disparurent ; d’autres quittèrent le pays, certaines y arrivèrent, et certaines (en fait, la plupart) « trouvèrent » une solution à leur problème en modifiant leur régime et leur dentition (les éléphants, les suidés, les équidés, et les hominidés). Ils modifièrent leur locomotion (les équidés, les hominidés), leur cerveau se transforma (les hominidés). Ce fut alors et pour cette raison que les pré-humains devinrent des humains, et qu’émergea l’espèce Homo. »

Remarquons simplement que ces déclarations extraites de ces résumés ne sont que des spéculations fondées sur une conception du monde, et non sur des faits scientifiques. La notion de « l’évolution génétique » se fonde sur la datation des fossiles et sur la datation au carbone, lesquelles sont suspectes, car elles sont profondément influencées par les présupposés de leurs utilisateurs.

La gloire de la création

En revanche, le tout premier verset de la Bible résume le récit de la création : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (Genèse 1:1)Tel un embryon, ce verset introduit le récit de la création, au cours de laquelle Dieu créa la vie, littéralement en six jours consécutifs de vingt-quatre heures. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu… (Exode 20:12).  Le Dieu Tout-puissant est le créateur du ciel et de la terre. Les Écritures insistent sur la puissance de la foi qu’engendre la confiance dans la Parole divine écrite au sujet de l’œuvre créatrice de Dieu : elles proclament : C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles (Hébreux 11:3). La partie visible de la création est cet univers formé par la parole de Dieu. La terre est parée d’herbe et de fleurs ; les cieux sont ornés d’étoiles et de planètes. Tous les aspects si variés de la création manifestent un ordre admirable, au point que le psalmiste s’écrie : Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Éternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est remplie de tes biens (Psaume 104:24). L’Auteur et la Cause de cette œuvre immense est le Seigneur Dieu Tout-puissant ! La sagesse de Dieu et sa gloire se voient clairement dans sa création. Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains (Psaume 19:2). Mais la conception du monde évolutionniste est viciée à sa base même, et donc cette sagesse, cette gloire divines sont sciemment confisquées par les arguments évolutionnistes.

D’autre part, en soutenant qu’il n’existe à priori aucune incompatibilité entre l’évolution et le message biblique (12), Rome s’inscrit en faux contre l’autorité absolue de l’Écriture seule. Pour éviter de se faire taxer d’athéisme, le Vatican prend soin d’ajouter : « Nous croyons qu’en fin de compte, Dieu est le créateur de toutes choses, quelle que soit la manière dont la création est née et s’est développée » (13). Mais la solution du Cardinal Levada est par trop simpliste.

L’évolutionnisme théiste

On appelle évolutionnisme théiste l’amalgame entre la foi en Dieu et l’évolutionnisme. Cela consiste à croire que Dieu s’est servi de l’évolution pour créer le monde ; que Dieu a crée les matériaux originels, déterminé les lois naturelles, et guidé tout le processus de l’évolution. La vie serait issue d’éléments inertes.  Toutes les formes de vie qui existent à présent seraient sorties d’un premier organisme unicellulaire, à force de mutations et de sélection naturelle tout au long de millions d’années. Ajouter le théisme à ces idées, c’est lui accorder une sorte d’imprimatur de respectabilité, au moins sur le plan philosophique, et dissimuler le fait qu’en excluant le récit biblique de la création, l’évolutionnisme a pour unique fondement l’imagination de ses défenseurs. Mais comme le souligne avec raison le Professeur Chittick, « Même l’évolutionnisme théiste n’explique pas l’origine de la vie. Il ne dit pas comment la vie serait sortie de substances non organiques. Aucune mutation n’est possible à moins qu’il n’y ait une vie préexistante, et les éléments chimiques inorganiques ne subissent pas de mutations » (14).

Le théisme évolutionniste cherche donc à nier l’autorité absolue des Écritures. Il veut faire croire que les paroles de la Bible ne doivent pas être tenues pour l’autorité suprême. Par définition, la vision du monde qu’il communique exige de reléguer le récit biblique de la création à une place inférieure, de l’asservir à la compréhension limitée de l’homme. Il résulte de ces spéculations que pour les adeptes de l’évolutionnisme théiste, Dieu n’est plus le Dieu de la Bible, mais une lointaine « cause première » qui mit jadis le monde en mouvement. Il s’agit en fait du dieu impersonnel d’Aristote, « premier moteur immuable » que Thomas d’Aquin introduisit dans la philosophie catholique romaine au treizième siècle.

Histoire et conséquences de l’évolutionnisme théiste

Cette vision théiste et évolutionniste adoptée par le Vatican est issue de la théodicée d’Aristote. Elle fut introduite dans la théologie catholique au Moyen Âge. Au treizième siècle, Thomas d’Aquin adopta les prémisses d’Aristote concernant un « premier moteur ». Il écrivit : « Il faut donc remonter à un premier moteur que nul autre n’a mis en mouvement ; tous comprennent qu’il s’agit là de Dieu » (15). Voilà comment cette preuve aristotélicienne de l’existence de Dieu a pris place dans le dogme romain. Pour en revenir au discours du

Cardinal Levada, on voit comment ce changement introduit au treizième siècle fournit en effet « bien assez d’espace » pour qu’un pape du vingtième siècle puisse faire sien l’évolutionnisme théiste. Ces prémisses au sujet du « premier moteur » remplacent donc par le navrant concept de « premier moteur » la sûre description biblique du Dieu trine et souverain, description communiquée par Dieu lui-même dans sa Parole écrite.

À l’époque moderne, la première mention explicite de l’évolutionnisme théiste se trouve dans une encyclique officielle de Pie XII, publiée en 1950. Ce pape écrivit :

Le magistère de l’Église n’interdit pas que la doctrine de « l’évolution », dans la mesure où elle recherche l’origine du corps humain à partir d’une matière déjà existante et vivante – car la foi catholique nous ordonne de maintenir la création immédiate des âmes par Dieu – soit l’objet, dans l’état actuel des sciences et de la théologie, d’enquêtes et de débats entre les savants de l’un et l’autre parti (16).

Depuis lors, l’Église catholique a soutenu l’évolutionnisme de diverses manières, à condition qu’il soit fait mention de Dieu. Par exemple, la Bible d’Études Catholique de 1990 enseigne que le récit biblique de la création de l’homme utilise plusieurs sources mythiques mésopotamiennes. Cette Bible commente ainsi Genèse 2, versets 4b à 3, et 24 :

Il s’agit d’un récit de la création antérieur à Genèse 1 ; il réunit nombre de thèmes mythiques d’origine notoirement mésopotamienne, bien que la version biblique soit un ensemble unique, porteur d’une vision bien plus complexe que toute autre version issue de l’antiquité… Les principales différences entre le récit biblique et les récits des autres religions résident dans le fait que la Bible évoque clairement un Dieu unique qui aime l’humanité et se soucie d’elle ; elle fait ressortir le refus moral du peuple d’obéir à Dieu, et la juste sentence qu’est le fardeau de notre présente mortalité, et aussi une relation différente à la terre, qui exige maintenant de nous un dur labeur si nous voulons être bénis (17).

En parlant ainsi de la création, la Bible d’Études Catholique ouvre la porte à la théorie de l’évolution. Ce commentaire laisse entendre que le récit biblique de la création ne fait pas autorité et n’est pas véridique. En fait, il prend pour principale autorité un recueil dont le contenu est sujet à d’incessantes variations, les récits littéraires mésopotamiens. En revanche, au sujet du récit biblique de la création et de toutes les autres déclarations de la Bible, le Seigneur Jésus affirme haut et fort : « Ta Parole est la vérité » (Jean 17:17). Mais le commentaire de la Bible d’Études Catholique ne peut que se soumettre au diktat du Vatican, selon lequel la vérité révélée se fonde à la fois sur l’Écriture et sur la Tradition catholique (18).  Il s’ensuit que le catholique accorde une valeur absolue à une autorité humaine et non à la vérité scripturaire. En 1996, le pape Jean-Paul II manifesta son adhésion à la philosophie du théisme évolutionniste, en ces termes :

Le magistère de l’Église est directement intéressé par la question de l’évolution, car celle-ci touche la conception de l’homme, dont la Révélation nous apprend qu’il a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu… Pie XII avait souligné ce point essentiel : si le corps humain tient son origine de la matière vivante qui lui préexiste, l’âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu (19).

Tout comme Pie XII en 1950, le pape Jean-Paul II en 1996 soutenait que l’homme a été créé à partir d’une matière vivante « qui lui préexiste ». Ce n’est pas ce que dit l’Écriture. Le récit biblique nous apprend que « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante » (Genèse 2:7). En nous disant que l’homme fut formé à partir « de la matière vivante qui lui préexiste » le pape ouvre la porte à l’évolutionnisme. L’évolutionnisme théiste catholique romain peut maintenant affirmer que Dieu utilisa « de la matière vivante » pour former le corps humain, là où Dieu lui-même précise qu’il s’est servi « de la poussière de la terre ». Une fois de plus, Rome cherche à marginaliser l’Écriture. Pour parvenir à ses propres fins, le Vatican s’arrange toujours pour soutenir le point de vue qui lui convient, quel que soit le sujet.

Le projet STOQ est lié à un programme œcuménique

La papauté dévoile publiquement son objectif en ce qui concerne les chrétiens bibliques dans le Document N°42 du Concile de Vatican II, Section II:

Le dialogue œcuménique ne se limite pas au plan théorique et purement conceptuel. Au contraire, il sert à transformer les modes de pensée, les comportements, et la vie quotidienne de ces communautés [non catholiques].  Il prépare ainsi la voie vers leur unité dans la foi au sein de l’Église une et visible. Par cette voie, peu à peu, après avoir surmonté les obstacles empêchant la parfaite communion ecclésiale, se trouveront rassemblés par une célébration eucharistique unique, dans l’unité d’une seule et unique Église, tous les chrétiens. Cette unité, le Christ l’a accordée à son Église dès le commencement.  Nous croyons qu’elle subsiste de façon inamissible [ne pouvant être perdue] dans l’Église catholique, et nous espérons qu’elle continuera de croître jusqu’à la fin des temps (20).

Dans sa Section VII, ce même Document explique le mode d’action du faux œcuménisme :

Des groupes de laïcs prendront part aussi à des rencontres pour examiner à la lumière de la foi chrétienne les questions qui se posent à eux sur le plan professionnel dans les domaines du droit, de la médecine, de la politique, des affaires, de la technologie, de la recherche scientifique, et des sciences sociales… Ils n’hésiteront pas à faire appel à des experts pour les questions dépassant la compétence des participants nonspécialistes… L’organisation et le déroulement de ces rencontres pourront naturellement être confiés à des laïcs adéquatement formés, qui feront appel à des théologiens si besoin est (21).

L’acceptation par Rome de l’évolutionnisme théiste comme outil culturel pour le faux œcuménisme est dans le droit fil des documents du Concile Vatican II sur l’œcuménisme et le dialogue. Le but et les règles du jeu sont déjà fixés. Le Conseil Pontifical pour la Culture exerce une influence au travers de six universités catholiques participant au programme du Projet STOQ, afin d’atteindre les étudiants et de généraliser le compromis romain concernant le récit biblique de la création (22). Ces étudiants correspondent à ce que la Section VII appelle « des laïcs ». Les « experts » auxquels ils peuvent faire appel sont les professionnels engagés dans le Projet STOQ et les associés de ces derniers.

Des conséquences désastreuses

La pensée vaticane sur l’évolutionnisme théiste est corrompue de fond en comble. Ayant sapé l’autorité absolue de la Bible, le Vatican adopte une perspective qui ne communique nullement la véritable crainte de Dieu et ne permet pas de l’adorer vraiment en tant que Créateur. L’Église de Rome présente au contraire son propre évangile. Cet évolutionnisme théiste ne permet pas de voir en Dieu le Seigneur, le Souverain, le Toutpuissant dont la Parole est la vérité ; il présente un dieu qui a pris place dans le système romain en tant que « cause première ». De plus, l’évolutionnisme théiste de Rome est un système de mort requérant la survie du plus apte, et cela des millions d’années avant que l’homme n’entre en scène. Dans ce système, la mort ne serait plus un ennemi, mais le moyen par lequel Dieu gouvernerait toutes choses. Pourtant, la Bible est explicite : « Le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6:23). La mort est entrée dans le monde à cause du péché d’Adam, comme l’Écriture l’affirme clairement.  C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort…  (Romains 5:12). Dieu est toutpuissant. Il n’est pas dans sa nature d’utiliser la mort et la lutte pour la survie, faisant périr les faibles et survivre les forts. Pour le dieu de l’évolutionnisme théiste romain, la mort et la survie seraient simplement des éléments parmi d’autres qui lui serviraient à guider l’évolution. Entre la puissance et la sagesse d’un tel dieu et la puissance et la sagesse de l’homme, il y aurait une simple différence de degré, non une différence de nature. Manifestement lointain, détaché et inepte, ce dieu évolutionniste et théiste du Vatican est entièrement différent du Dieu de la Bible. Le Dieu des Écritures se révèle en tant que Roi des siècles, immortel, invisible… Dieu seul sage  (1 Timothée 1:17).  Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut  (Psaume 115:3).

L’orgueil inflexible de Rome se manifeste par le fait qu’elle connaît la vérité biblique, mais la rejette. D’après les Écritures, le péché vient de l’homme : Par la désobéissance d’un seul homme, beaucoup ont été rendus pécheurs  (Romains 5:19). Telle est toujours sa condition, car l’Écriture déclare aussi : Quiconque pratique le péché transgresse la loi, et le péché est la transgression de la loi  (1 Jean 3:4). La Bible nous apprend que le péché est venu par l’homme ; et elle déclare que l’homme est mort dans ses transgressions et dans ses péchés (Éphésiens 2:1). Seuls ceux qui comprennent qu’ils sont pécheurs et spirituellement morts recherchent le Sauveur qui est venu sauver les perdus. Bien que cela dépasse l’entendement, la Rome papale enseigne que l’homme est foncièrement bon, capable de connaître et d’aimer Dieu, car elle déclare officiellement : « La Bible en effet enseigne que l’homme est créé ‘à l’image de Dieu’, et capable de connaître et d’aimer son Créateur » (23).  Rome admet bien qu’il y a eu un péché originel, mais enseigne que ce péché n’a fait que « blesser » l’humanité. Le dogme officiel déclare : « À leur descendance, Adam et Ève ont transmis la nature humaine blessée par leur premier péché, donc privée de la sainteté et de la justice originelles. Cette privation est appelée ‘péché originel’ » (24). Rome connaît et rejette la vérité biblique selon laquelle l’humanité est morte dans ses transgressions et dans ses péchés : elle déclare en effet : « Les premiers réformateurs protestants, au contraire, enseignaient que l’homme était radicalement perverti et sa liberté annulée par le péché des origines » (25). Or l’enseignement de l’Écriture, c’est précisément ce que professaient ces premiers réformateurs : le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement (Genèse 2:17) car le salaire du péché, c’est la mort  (Romains 6:23). Néanmoins, selon la doctrine officielle de Rome, l’humanité est seulement blessée par le péché. « Toutefois, blessé par le péché… Par son intériorité… c’est à ces profondeurs qu’il revient lorsqu’il fait retour en lui-même où l’attend ce Dieu qui scrute les cœurs et où il décide personnellement de son propre sort sous le regard de Dieu » (26). Mais la Bible exclut toute idée d’une humanité simplement « blessée par le péché ». Elle nous enseigne au contraire que l’homme est spirituellement mort dans son péché. Il n’y a point de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu  (Romains 3:10,11).

L’Évangile

Puisque la Rome papale n’a rien d’autre à offrir que sa propre suffisance, comment donc pouvons-nous être réconciliés avec Dieu ? Commençons par reconnaître que nous sommes spirituellement morts, et crions à Dieu pour recevoir son secours. C’est le SaintEsprit, qui, en donnant une conviction de péché, rend un être humain conscient de son besoin. C’est la puissance du Saint-Esprit qui vainc l’orgueil de l’homme naturel et prépare un homme ou une femme à venir à Christ pour avoir la vie. Comme le dit le Seigneur lui-même : Celui qui écoute ma parole, et qui croit en celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie (Jean 5:24). La sainteté est la caractéristique essentielle de chacun des attributs de Dieu. Aussi chacun de nous doit-il être réconcilié avec le Dieu unique et très saint selon les conditions fixées par Dieu lui-même. Tournez-vous vers lui par sa grâce, par la foi seule, afin de recevoir le salut que Dieu seul peut accorder, par la conviction du Saint-Esprit ; appuyez-vous sur Christ seulement, Christ mort et ressuscité pour les siens. Mettez votre foi en lui seul, Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, mais c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie (Éphésiens 2:8,9).

Dire que le Seigneur Dieu tout-puissant n’a pas créé le monde revient à nier tous les autres aspects de son œuvre. Aujourd’hui, le programme de Rome concernant l’évolutionnisme est un enjeu déterminant, car beaucoup pourraient être tentés d’adopter avec Rome ce qui paraît être une position intermédiaire entre le récit biblique de la création et l’évolutionnisme. Mais le théisme évolutionniste n’est nullement un moyen terme procurant la sécurité, contrairement à ce que le Vatican voudrait nous faire croire : la Rome papale refuse radicalement la création biblique et le Dieu créateur très saint de la Bible. Non, à ce sujet, il faut que les chrétiens reviennent à l’héritage originel de la foi biblique : la véracité absolue de la Parole écrite de Dieu. En tant que chrétiens, nous avons des choses sûres, des paroles vraies (Proverbes 22:21) ; nous adorons le Créateur, le Seigneur Dieu tout-puissant. Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains  (Hébreux 1 :10).

À tous ceux qui sont pris au piège de l’évolutionnisme, théiste ou non, nous posons ces questions plusieurs fois millénaires, adressées à Job par Dieu : Quel est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence ? Ceins tes reins comme un vaillant homme ; je t’interrogerai, et tu m’instruiras. Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence. Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ? Ou qui a étendu sur elle le cordeau ? Sur quoi ses bases sont-elles appuyées ? Ou qui en a posé la pierre angulaire… ?


Notes :

  1. Voir http://www.regnumchristifrance.org/STOQ-rendre-vivant-le-dialogue et aussi http://www.stoqproject.it/index.htm, accédé le 07/04/2009
  2. http://www.evolution-rome2009.net/index.php? view=article&id=48%3Ahomme&tmpl=comp... accédé le 07/04/2009, caractères gras ajoutés.
  3. http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/faith.article5859797.ece  accédé 07/04/09
  4. L’autorité de l’Église catholique romaine réside à la fois dans « La Sainte Tradition » et « La Sainte Écriture » (Catéchisme de l’Église Catholique, 1998, § 80 et 82). Là où il y a incompatibilité entre l’Écriture et cette Tradition, le pape régnant juge de ce que les catholiques doivent croire sur un sujet quelconque, car il passe pour être infaillible quand il parle ex cathedra. « De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs » (Catéchisme, § 891). Caractères gras ajoutés.
  5. http://www.catholicnews.com/datastories/cns/0900635.htm  accédé le 07/04/2009.
  6. STOQ reçoit de l’argent de la Fondation John Templeton, un groupe qui critique sévèrement le mouvement du « Dessein Intelligent ». Voir http://www.templeton.org 07/04/2009.
  7. http://newsok.com/vatican-meeting-snubs-creationism/article/3350880 accédé le 25/03/2009  Voir aussi timesonline.
  8. http://www.cathnews.com/article.aspx?aeid=12151  accédé le 09/03/2009. Voir en français: http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/archives/deuxmilneufsem/semaine10/29nx1002egl ised.html
  9. Professeur Donald Chittick, correspondance personnelle du 22/04/2009. Le Pr. Chittick est titulaire d’un doctorat en physique et chimie. Voir sa biographie sur son site : creationcompass.com
  10. À propos de ces termes couramment employés, la « macro évolution » et la « micro évolution », le Pr. Chittick explique : « L’emploi de ces termes est une ruse de l’ennemi. Macro évolution veut simplement dire évolution biologique. Là où l’on observe des modifications génétiques, on parle de micro évolution, mais les modifications génétiques ne sont ni plus ni moins que des modifications génétiques. Celles qu’on a observées sont dues à la perte d’informations, contrairement à ce qu’enseigne l’évolutionnisme » (Communication personnelle du 24/04/2009).
  11. Tous les résumés cités ici proviennent du site http://www.scoop.co.nz/stories/HL0902/ htm Caractères gras ajoutés.
  12. http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/faith.article5859797.ece  07/04/09.
  13. http://www;cathnews.com/article.aspx?aeid=12151 09/03/2009.
  14. Correspondance personnelle avec le Pr. Chittick, 22 avril 2009.
  15. Somme Théologique de Thomas d’Aquin, Première partie, Question 2. http://newadvent.org/summa/1002.htm 30/03/2009
  16. Dans l’Encyclique Humani Generis, Paragr. 36, version française à l’adresse http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/encyclicals/documents/hf_pxii_enc_12081950_humani-generis_fr.html
  17. The Catholic Study Bible, New American Bible (New York, NY: Oxford University Press, Inc., 1990) Guide de lecture (Reading Guide) p. 62. Cette Bible d’études est cautionnée par six autorités catholiques (Imprimatur et Nihil Obstat), ce qui atteste de son importance en tant que source catholique.
  18. Catéchisme, § 82 : « Il en résulte que l’Église [catholique romaine] à laquelle est confiée la transmission et l’interprétation de la Révélation ‘ne tire pas de la seule Écriture Sainte sa certitude sur tous les points de la Révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec un égal sentiment d’amour et de respect’. »
  19. « Ce que le Pape a réellement dit : Extraits du message du pape Jean-Paul II à l’Académie Pontificale des Sciences » Catholic World Report, décembre 1996, p. 54. En français, voir http://www.hominides.com/html/theories/jean_paul_evolution.html
  20. Document N° 42 du Concile de Vatican II, « Réflexions et Suggestions à propos du dialogue œcuménique », S.P.U.C., 15 août 1970 dans Vatican Council II : The Conciliar and Post Conciliar Documents, 1981, Éditions Austin Flannery. (Northport, NY : Costello Publ. Co., 1980.
  21. , Section VII, pp.540, 541 ; 550, 551.
  22. http://www.stoqproject.it/index.htm  07/04/2009.
  23. Constitution            Pastorale         Gaudium                   et                    Spes,               Section                        http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vatii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html
  24. Catéchisme, § 417.
  25. Catéchisme, § 406.
  26. Constitution            Pastorale         Gaudium                   et                    Spes,               Section                        http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vatii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html

Richard Bennett, Association “Berean Beacon”, https://bereanbeacon.org

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